Mai 1945 : Quand le maréchal Göring débarquait en limousine pour négocier la paix

Mai 1945 : Quand le maréchal Göring débarquait en limousine pour négocier la paix · Avonetics
Le 9 mai 1945, dans le décor grandiose des montagnes autrichiennes près de Radstadt, une scène surréaliste se déroule devant les soldats de la 36e division d'infanterie américaine. Alors que la capitulation du IIIe Reich vient d'être signée, un convoi de limousines rutilantes débouche sur la route alpine. À son bord, le maréchal Hermann Göring, tiré à quatre épingles, accompagné de sa famille, de ses serviteurs et d'une montagne de valises en cuir contenant ses effets personnels.
Le deuxième personnage du régime nazi n'arrive pas en vaincu. Il s'imagine en négociateur principal d'un monde en reconstruction. Convaincu de son importance capitale pour l'échiquier politique européen, Göring s'attend à être accueilli avec les honneurs militaires et conduit directement auprès du général Eisenhower pour négocier un traité d'égal à égal.
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L'illusion dure quelques secondes. Dès sa descente de voiture, les officiers américains le somment de remettre ses armes, le fouillent et le placent immédiatement sous arrêt strict en tant que criminel de guerre. La poignée de main diplomatique espérée se transforme en détention immédiate.
Cette attitude continue de faire réagir les passionnés d'Histoire. Pour certains analystes, la démarche du maréchal s'inscrivait dans une tradition centenaire où les dirigeants des pays vaincus négociaient directement avec les vainqueurs. Jusqu'en 1945, la notion de procès pour crimes de guerre au niveau international n'existait pas sous cette forme.
Pour la majorité des spécialistes, cette arrivée triomphale reflète surtout un déni de réalité hallucinant. Ignorer l'exigence absolue des Alliés concernant une capitulation sans condition relevait d'une mégalomanie tragique.
Ce besoin d'affirmer son statut jusqu'à la dernière heure rappelle d'autres époques de l'Histoire où les élites ont cherché à immortaliser leur image, comme en témoignent les célèbres portraits de momies du Fayoum et de Thèbes conservés au musée du Louvre, capturant le visage exact des puissants de l'Égypte romaine pour l'éternité.
Les présentateurs du podcast explorent plus en détail cette confrontation entre illusion et réalité dans le dernier épisode de leur émission.